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Choc culturel à Sorel-Tracy

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17 février 2014
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Par Marie-Ève Bouffard

Si l'histoire de l'immigration d'Olena Pokhvalii à Sorel-Tracy semble sortie d'un conte de fées, d'autres sont au contraire beaucoup moins roses. Le Colombien Juan Carlos Benitez en sait quelque chose.

Pour celui qui a laissé derrière lui tous ses biens et son travail d'ingénieur, les quatre premiers mois n'ont pas été faciles. « J'ai vécu le choc culturel, je n'arrivais pas à bien dormir, confie d'entrée de jeu M. Benitez. J'ai reçu un diagnostic d'anxiété, mais dans mon pays ça ne m'est jamais arrivé. »

Durant les premiers mois, sa femme et lui ont tout payé : logement, meubles, voiture. Après ça, plus un sou! « On a été avec l'aide sociale », avoue-t-il. Puis, les problèmes ont commencé avec sa femme. « Elle était mieux préparée que moi, elle a commencé à apprendre le français avant, mentionne Juan Carlos Benitez. Son attitude a changé et tous les jours il y avait de nouveaux problèmes. »

La difficulté à se trouver un emploi à Sorel-Tracy lui a aussi mené la vie dure. « Ç'a été difficile. On vient ici, il y a un programme avec le gouvernement pour attirer les personnes qualifiées, mais je ne trouvais pas d'emploi, ajoute-t-il. Je trouve ça un peu dur pour les professionnels qualifiés parce que nos diplômes ne sont pas reconnus. J'étais ingénieur mécanique dans mon pays. »

Juan Carlos Benitez complète présentement un cours technique afin de se tailler une place dans le milieu du travail. En quatre ans, il a été au service de quatre employeurs.

Pour ce père de deux enfants de huit et neuf ans, la langue a été un important obstacle. « Je n'étais pas capable de parler comme les Québécois. J'étudiais le français en Colombie, mais en arrivant à Sorel-Tracy, la langue était différente. Je n'arrivais pas à bien comprendre, et donc je n'étais pas capable de chercher un travail », fait remarquer le Colombien.

Partir pour sa famille

Si Juan Carlos Benitez a quitté la Colombie pour s'installer au Québec, c'est d'abord parce que sa femme l'en a convaincu, mais aussi pour assurer la sécurité de ses enfants.

Au Québec depuis quatre ans, M. Benitez et sa famille se sont d'abord installés à Sherbrooke. Puis, cet été, comme ça femme rêvait d'étudier au Cégep de Sorel-Tracy, la famille a refait ses valises et s'est installée dans la région. Entre les deux villes, Juan Carlos Benitez constate une différence.

« Les gens de Sorel-Tracy ne sont pas habitués à être en relation avec des immigrants, mais à Sherbrooke, oui, constate-t-il. Ici les gens ont l'esprit plus fermé, ils ne sont pas aussi ouverts. »

Pourtant, selon lui, les immigrants sont un atout. « On vient avec beaucoup d'argent, alors on est en mesure d'aider la ville à se développer », lance-t-il.

« En Colombie, j'étais bien dans le fond. Je l'ai fait pour ma famille. Je ne regrette rien, des fois oui, c'est plus dur, mais dans le fond de moi, non », confie celui qui avoue penser à quitter la région s'il ne trouve pas de travail.

 

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