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24 septembre 2018 - 12:00

Passage de la marche De villes en villages pour le droit au logement

Un code du logement provincial revendiqué à Sorel-Tracy

Alors que les marcheurs et marcheuses partis d’Ottawa le 2 septembre ont parcouru la moitié de leur itinéraire en direction de Québec, la grande marche De villes en villages pour le droit au logement, s’est arrêtée à Sorel-Tracy.

La marche, à laquelle participent à relai plus de 200 personnes différentes, dont une vingtaine effectuent l’entièreté des 550 km, vise à réclamer des engagements ambitieux de la part des gouvernements afin qu’ils mettent un terme aux graves problèmes de logement qui perdurent dans les différentes régions du Québec. Les deux organismes impliqués dans la défense du droit au logement à Sorel-Tracy, Action logement Pierre-De Saurel et le Groupe de ressources techniques en habitation de la région de Sorel ainsi que plusieurs autres organismes se sont joint aux marcheurs et marcheuses à leur arrivée au centre-ville.

Selon les données du Recensement de 2016, à Sorel-Tracy 1 115 ménages locataires vivants dans un logement trop cher, en mauvais état ou trop petit ont des besoins impérieux de logement. Le revenu médian de ceux qui consacrent plus de la moitié de leur revenu au loyer est de 10 206 $ par année. «Il leur est pratiquement impossible de ne pas couper dans leurs autres besoins essentiels une fois le loyer payé, et cela se fait au détriment de leur santé et de leur sécurité. Ces personnes se retrouvent souvent dans de mauvais logements» affirme Dominic Gosselin, intervenant à Action logement Pierre-De Saurel. «Ce sont des gens qui devraient avoir accès dès maintenant à un logement convenable, à un coût qu’ils peuvent payer sans se ruiner, mais il n’y en a pratiquement pas», s’indigne Véronique Laflamme, la porte-parole du FRAPRU.

Les marcheurs et marcheuses consacraient la journée du 19 en particulier au thème de l’insalubrité. À cette occasion, le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), deux regroupements dont est membre Action logement Pierre-de-Saurel, ont uni leur voix pour réclamer un code du logement provincial. Afin de lutter efficacement contre les conditions insalubres de logement, les deux regroupements pressent le prochain gouvernement à doter la province d’une législation qui protègera la santé et la sécurité des locataires.

«Encore trop de locataires vivent dans des conditions de logement inacceptables. Selon des données de la Société d’habitation du Québec de 2013, près du tiers des ménages locataires des régions métropolitaines disent vivre avec au moins un problème d’insalubrité. Vivre dans un logement salubre ne devrait pas être un luxe, mais un droit», affirme le porte-parole du RCLALQ, Maxime Roy-Allard.

À ce jour au Québec, seule une poignée de municipalités sont dotées d’une règlementation sur la salubrité des logements. À Sorel-Tracy, un tel règlement existe, mais selon Dominic Gosselin, intervenant à Action logement, «il est souvent difficile de le faire appliquer». Or, pour les locataires de ces villes avec de mauvaises conditions de logement, nul d’autres choix que de se tourner vers la Régie du logement alors que les délais pour obtenir une audience sont très longs. Afin de protéger l’ensemble des locataires du Québec et d’uniformiser les règles, il est urgent d’instaurer un code du logement provincial définissant les normes suffisantes quant à la salubrité, la sécurité et l’entretien des logements.

Les quatre groupes mettent en garde un gouvernement qui voudrait régler les problèmes d’insalubrité des logements strictement via les programmes d’aide à la rénovation qui peuvent avoir des effets pervers pour les locataires, comme des hausses de loyer abusives. «Il faut plutôt augmenter les investissements dans des projets d’achat et de rénovation d’immeubles existants pour en faire des logements sociaux», réclame Claude Daigle, du Groupe de ressources techniques en habitation de la région de Sorel. Celle-ci déplore avec le FRAPRU que le programme AccèsLogis, le seul qui permette ce genre d’opération, demeure sous-financé, malgré les importants surplus budgétaires et que le programme n’ait pas été amélioré avant le déclenchement des élections, malgré les promesses répétées du gouvernement sortant. Une des difficultés majeures pour les petites et moyennes municipalités, en dehors de la communauté métropolitaine de Montréal, demeure la contribution du milieu, qui se situe autour de 15 %, et souvent bien plus, d’un projet Accès Logis, et dont la grande majorité de cette contribution provient des municipalités eux-mêmes. «Il faudrait réfléchir à une manière de créer un tel fonds dédié au développement de logement social et communautaire afin de surmonter cet obstacle majeur pour les municipalités de notre région», conclut Claude Daigle.

Après son passage à Sorel-Tracy, De villes en villages pour le droit au logement quittera la Montérégie en direction de Saint-Ignace-De-Loyola où l’attendaient des organismes communautaires de Lanaudière. La marche poursuivra son périple où elle culminera le 29 septembre par une manifestation nationale.

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