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Nouvelle étude réalisée par des chercheurs canadiens

Peu de cas graves de COVID-19 chez les enfants lors de la 1iere vague

durée 17h00
27 septembre 2021
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Temps de lecture :

3 minutes

Par La Presse Canadienne

Les cas graves de COVID−19 étaient très rares parmi les enfants canadiens pendant la première vague de la pandémie, démontre une nouvelle étude réalisée par des chercheurs canadiens qui préviennent qu’il ne faut surtout pas y voir une raison de ne pas faire vacciner les plus jeunes.

L’étude publiée lundi par le Journal de l’Association médicale canadienne porte sur 264 enfants hospitalisés au Canada entre le 25 mars et le 31 décembre 2020, et chez qui le SRAS−CoV−2 a été détecté. Quarante−trois pour cent de ces enfants avaient toutefois été hospitalisés pour une autre raison, comme une fracture, et ce n’est qu’au moment de leur admission que le coronavirus a été détecté.

«Si on regarde les chiffres au total, ça fait seulement 150 enfants hospitalisés pour la COVID pendant les deux premières vagues ici au Canada, a dit la co−auteure principale de l’étude, la docteure Fatima Kakkar du CHU Sainte−Justine. Donc ce sont de très petits chiffres, quand on compare avec ce qui s’est passé chez les adultes

Les chercheurs croyaient à l’origine que les enfants pourraient être plus à risque d’une maladie sévère, puisque c’est typiquement ce que l’on constate dans le cas d’une infection respiratoire dans une population pédiatrique.

Parmi les 150 enfants admis directement en raison du coronavirus, les symptômes les plus courants étaient la fièvre (70 %), les vomissements (35 %) et la toux (34 %). La moitié d’entre eux présentaient une forme grave de la maladie; 21 % ont été admis aux soins intensifs et 13 % ont eu besoin d’un soutien respiratoire ou cardiaque.

Plus de 3 % des enfants canadiens, un sommet parmi tous les groupes d’âge au pays, sont porteurs d’anticorps contre la COVID−19, indiquant qu’ils ont été exposés au virus. Cela étant dit, le nombre relativement petit d’admissions pédiatriques démontre que les enfants présentent des infections moins sévères que les adultes, même s’ils sont potentiellement infectés plus souvent, a dit la docteure Kakkar.

«On parle souvent des enfants qui ont des comorbidités et qui sont plus malades, (...) mais 60 % n’avaient aucune comorbidité, a−t−elle ajouté. C’étaient des enfants en bonne santé qui étaient hospitalisés pour la maladie. Par contre, quand on regarde la sévérité, les cas les plus sévères étaient chez les enfants qui avaient des comorbidités, comme l’obésité, des troubles majeurs du neurodéveloppement...»

Les décès d’enfants infectés par la COVID−19 étaient aussi très rares, ce qui confirme les conclusions d’études précédentes.

«Il y a énormément d’anxiété chez les parents par rapport au risque de COVID chez les enfants, a rappelé la docteure Kakkar. C’est important de rassurer les parents. Ce n’est pas la même maladie que chez les adultes. J’espère que ça va permettre aux enfants de vivre une vie un peu plus normale

Les bienfaits que retirent les enfants d’une fréquentation normale de l’école et de leurs amis, des éléments essentiels à leur développement, sont nettement plus importants que les risques associés à la maladie, a−t−elle ajouté.

Et même si ces conclusions de cette étude, qui serait la première du genre à être réalisée auprès d’enfants canadiens, peuvent paraître encourageantes et rassurantes, elles ne devraient surtout pas donner un faux sentiment de sécurité aux parents et les inciter à ne pas faire vacciner leur enfant, poursuit la docteure Kakkar, puisque certains enfants en pleine santé ont été hospitalisés.

«On ne sait pas, parmi ces enfants qui sont en bonne santé, lesquels vont être les plus malades, et on sait que quand on a une maladie sévère, on a des séquelles, a−t−elle dit. Un enfant intubé aux soins intensifs, ça prend des mois de réadaptation, et malheureusement on ne peut pas prédire quel enfant va tomber dans cette catégorie

Un enfant non vacciné sera aussi plus susceptible de poursuivre la propagation du virus au sein de sa famille et de son cercle d’amis, rappelle la docteure Kakkar.

Elle souligne en terminant que l’étude a été réalisée avant l’émergence du variant Delta, qui est nettement plus transmissible et qui fait des ravages parmi les adultes non vaccinés.

«Je ne veux pas du tout décourager les parents de faire vacciner leur enfant, a−t−elle lancé en conclusion. Il faut vraiment regarder le bien−être total de l’enfant. Ce qui va lui permettre d’avoir une vie normale, de faire des activités, des sports, de voir des amis, c’est la vaccination.»

Jean−Benoit Legault, La Presse Canadienne

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