Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

13e Rapport sur les prix des aliments au Canada

Aliments: un rapport prévoit une hausse de prix de 7 % au Canada l'an prochain

durée 09h32
5 décembre 2022
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

Les prix des aliments au Canada continueront d'augmenter au cours de la prochaine année car une nouvelle recherche indique que les coûts d'épicerie devraient bondir de près de 7 % en 2023.

Pour une famille de quatre personnes, la facture d'épicerie annuelle totale devrait être de 16 288 $, soit 1065 $ de plus qu'elle ne l'a été cette année, selon la 13e édition du Rapport sur les prix des aliments au Canada publiée lundi.

Une femme célibataire âgée dans la quarantaine, qui est l'âge moyen au Canada, paiera environ 3740 $ pour l'épicerie l'an prochain, tandis qu'un homme célibataire du même âge paiera 4168 $, selon le rapport et Statistique Canada.

L'inflation alimentaire devrait rester élevée au premier semestre de 2023 avant de commencer à s'atténuer selon Sylvain Charlebois, auteur principal du rapport et professeur de distribution et de politiques alimentaires à l'Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

« Quand vous regardez le cycle actuel d'inflation alimentaire dans lequel nous nous trouvons en ce moment, nous sommes probablement dans la septième manche », a-t-il expliqué en entrevue. « La première partie de 2023 restera difficile … mais nous commençons à en voir la fin. »

De multiples facteurs pourraient influencer les prix des denrées alimentaires l'année prochaine, notamment le changement climatique, les conflits géopolitiques, la hausse des coûts de l'énergie et les effets persistants de la crise de la COVID-19, selon le rapport.

Les fluctuations monétaires pourraient également jouer un rôle dans les prix alimentaires. Un dollar canadien plus faible pourrait rendre l'importation de biens comme la laitue plus chère, par exemple.

Plus tôt cette année, le huard valait plus de 80 cents américains, mais il a ensuite chuté à un creux de 72,17 cents américains en octobre dans un contexte de raffermissement du dollar américain. Il a oscillé près de la barre des 74 cents au cours des dernières semaines, terminant vendredi dernier à 74,25 cents américains.

Les légumes pourraient connaître les plus fortes hausses de prix, avec des estimations d'augmentation de coûts pouvant atteindre 8 %, selon le rapport. En plus des risques posés par la valeur de la monnaie, une grande partie des produits vendus au Canada provient des États-Unis, qui ont lutté avec des conditions extrêmement sèches.

« L'ouest des États-Unis, en particulier la Californie, a connu des conditions météorologiques extrêmes, des sécheresses et des contaminations bactériennes, et cela a eu un impact sur nos fournisseurs de fruits et légumes et sur les prix », selon Simon Somogyi, professeur à l’École de commerce et d'économie Gordon S. Lang de l’Université de Guelph.

« La sécheresse rend la production de laitue plus chère », à son avis. « Cela réduit la taille des cultures, mais cela provoque également une contamination bactérienne, ce qui réduit l'offre sur le marché. »

Selon les chercheurs, les prix d'autres catégories d'aliments clés comme la viande, les produits laitiers et la boulangerie devraient grimper jusqu'à 7 %.

La Commission canadienne du lait a approuvé une augmentation du prix du lait à la ferme d'environ 2,2 %, soit un peu moins de deux cents le litre, pour le 1er février 2023.

« L'augmentation de février est raisonnable, mais elle survient après les augmentations sans précédent de 2022, qui continuent de se frayer un chemin dans la chaîne d'approvisionnement », a rappelé Sylvain Charlebois à propos des deux hausses de prix de près de 11 % combinées en 2022.

Pendant ce temps, les fruits de mer devraient augmenter jusqu'à 6 %, tandis que les prix des fruits pourrait monter jusqu'à 5%, selon le rapport.

Quant aux coûts des restaurants, ils devraient augmenter de 4 % à 6 %, moins que les prix des supermarchés, selon le rapport.

La dépendance croissante à l'égard des banques alimentaires devrait se poursuivre, 20 % des Canadiens déclarant qu'ils se tourneront probablement vers des organismes communautaires en 2023 pour aider à nourrir leur famille, selon un sondage inclus dans le rapport.

L'utilisation de circulaires hebdomadaires, de coupons, d'achats en gros et d'applications de sauvetage alimentaire a également augmenté cette année et devrait continuer de croître en 2023, selon le rapport.

« Nous sommes maintenant à l'ère de l'acheteur intelligent », selon Simon Somogyi. « Pour certaines générations, c'est la première fois qu'elles doivent faire une liste, pas d’achats impulsifs, lire les circulaires hebdomadaires, utiliser des coupons, acheter en volume et geler ce qu'elles n'utilisent pas. »

Le rapport de l'année dernière prévoyait que les prix des denrées alimentaires augmenteraient de 5 à 7 % en 2022, le plus grand bond jamais prévu par le rapport annuel sur les prix des denrées alimentaires. En fait, les prix des produits d'épicerie ont augmenté de 11 % en octobre par rapport à l'année précédente, tandis que le coût global des aliments a augmenté de 10,1 %, selon Statistique Canada.

« Nous avons été traités d'alarmistes », a relaté Sylvain Charlebois à propos de la prévision pour 2022. « Vous êtes toujours à une crise près de tout jeter par la fenêtre; nous n'avions pas prévu la guerre en Ukraine et cela a vraiment affecté les marchés. »

Brett Bundale, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié à 15h00

Facteurs de risque de maladies du cœur et d'AVC: des tendances préoccupantes

Cœur + AVC publie mardi un nouveau rapport avec des données à jour sur les facteurs de risque modifiables de la population. Plusieurs indicateurs médicaux sont au rouge, notamment les cas d'hypertension, de diabète de type 2 et les taux élevés de cholestérol. Le nombre de Canadiens atteints d'hypertension augmente chaque année depuis le début des ...

Publié à 9h00

Le taux de suicide à la baisse au Québec, mais des régions sont plus touchées

Le Québec continue d'afficher une diminution des taux de suicide. Plusieurs régions hors des grands centres urbains ont toutefois des taux de suicide significativement supérieurs au reste de la province. Le portrait des comportements suicidaires au Québec 2026, publié lundi par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), indique que ...

Publié hier à 12h00

Semaine de prévention du suicide: «Il reste encore des tabous», juge le PDG de l'AQPS

Parler ouvertement du suicide n'est pas une conversation simple, mais il s'agit du premier pas vers la prévention, estime le président-directeur général de l'Association québécoise de prévention du suicide, qui souhaite briser les tabous. Selon Hugo Fournier, il ne faut pas avoir peur de demander à quelqu'un qui semble aller mal si elle pense au ...