Pour la Fondation du Dr Julien
Des dons qui peuvent faire une grande différence pour les tout-petits
En croisant les statistiques du portrait socio-économique du Québec, le Dr Gilles Julien avance qu’environ un enfant sur trois grandit dans une situation de vulnérabilité. Pour venir en aide au plus grand nombre d’entre eux, 45 centres de pédiatrie sociale ont vu le jour jusqu’ici, tous soutenus par la Fondation du Dr Julien qui tient sa 21e guignolée ce samedi.
Dans toutes les régions du Québec, des enfants grandissent dans des foyers qui ne sont pas en mesure de leur offrir les conditions optimales à leur développement. On parle notamment de ménages en situation de précarité financière. Une réalité qui affecte désormais des classes sociales qu’on n’aurait pas cru vulnérables auparavant.
«C’est clair que ça ne s’améliore pas. Même si certaines statistiques mentionnent que la pauvreté diminue, sur le terrain, ce n’est pas du tout ce qui se passe, témoigne le Dr Gilles Julien en entrevue à La Presse Canadienne. On le voit pendant la grève, même des enseignants qui n’ont pas de salaire actuellement doivent aller dans les banques alimentaires.»
Afin de soutenir ces enfants dans le besoin, la Fondation du Dr Julien a pour objectif de contribuer à l’ouverture de trois à cinq nouveaux centres de pédiatrie sociale en communauté par année. Grâce aux dons récoltés à travers la guignolée, ces établissements parviennent à financer leurs activités de base.
Parmi les initiatives les plus récentes, des centres ont ouvert leurs portes ou sont en voie de démarrer leurs activités dans le quartier Saint-Michel à Montréal, à Sainte-Julienne, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières. Des projets sont en préparation à Jonquière et à Alma, notamment.
La Fondation accompagne les projets en démarrage, s’assure de la formation et de la certification des centres, puis distribue les fonds publics qui reviennent à chacun.
Directrice clinique de la Fondation Dr Julien et directrice générale du centre de pédiatrie sociale de Lévis, Maude Julien souligne aussi que la guignolée sert de vitrine pour sensibiliser la population à la cause des enfants et à l’importance de la mission du réseau.
«Au-delà de l’aspect financier, qui est vital, ça nous permet de mener des campagnes sur ce qu’on fait concrètement et comment on réussit à aider ces enfants-là», mentionne-t-elle en ajoutant que «ça coûte une fortune à l’État» si on n’en prend pas soin.
Dans son rôle de directrice clinique, celle qui est d’abord infirmière clinicienne de formation supervise la qualité des services offerts dans l’ensemble des centres. Elle est à même de constater à quel point la demande de services a explosé.
Ensemble, les 45 centres aident entre 12 000 et 15 000 jeunes par année. Ce qui fait dire au Dr Gilles Julien que «l’enfant a comme perdu sa valeur principale dans la société». Il dénonce un désinvestissement social envers ces enfants vivant des difficultés de développement ou de comportement.
Les centres de pédiatrie sociale se trouvent à la fois en première ligne, pour répondre aux besoins les plus urgents des tout-petits, et en troisième ligne, puisque l’accompagnement spécialisé à plus long terme est trop difficilement accessible dans le réseau public.
«On essaie de compenser, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan», admet-il en toute lucidité.
Le Dr Julien compare le réseau qu’il a inspiré à la bande de Gaulois d’Astérix. «On se ramasse avec l'ensemble des problématiques, souvent tous seuls. Même s'il y a une volonté des organisations de travailler en concertation, il manque de ressources», décrit le pédiatre.
La Fondation du Dr Julien invite la population à donner localement au centre le plus près de chez eux. Il est également possible de verser un don à la fondation en précisant à quel établissement on souhaite contribuer.
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Ugo Giguère, La Presse Canadienne
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