Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Agir pour bien vieillir

Nouvelle plateforme pour aider les aînés à prendre en charge leur santé

durée 12h00
22 février 2024
ici

commentaires

ici

likes

 

vues

imprimante
email
Par La Presse Canadienne

Une nouvelle plateforme dévoilée officiellement jeudi vise à fournir aux aînés et à leurs aidants les informations dont ils ont besoin pour prendre en charge leur état de santé ― dans un contexte où, on le sait, il n'y a pas suffisamment de ressources pour répondre à tous les besoins d'une population vieillissante.

Élaborée par la Fondation AGES et la Fondation de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, la plateforme Agir pour bien vieillir (agirpourbienvieillir.com) espère notamment fournir à ses utilisateurs les informations dont ils ont besoin pour savoir à quel moment s'inquiéter des symptômes présents et comment bien se préparer à un rendez-vous médical.

«À la Fondation AGES, on a réalisé que les gens ne comprennent pas vraiment ce qu'est un vieillissement normal», a expliqué en primeur à La Presse Canadienne le président et fondateur de la fondation, le docteur Stéphane Lemire.

«On voulait donc développer un véhicule pour aider les gens à bien comprendre ce que c'est, vieillir normalement, mais aussi se poser des questions à savoir si c'est normal ou pas, et savoir quoi faire quand on a l'impression que ça ne va pas.»

Le problème, a-t-il ajouté en riant, est que les aînés ne se posent souvent pas assez de questions au sujet de leur santé. «Les gens vont mettre sur le dos du vieillissement un peu tout et n'importe quoi», a-t-il dit.

Pourtant, les problèmes de santé ne se présentent pas toujours de la façon classique chez une personne âgée. Confrontés à des symptômes qu'ils ne reconnaissent pas, les aînés «lancent la serviette en disant des choses comme, 'ce n'est donc pas drôle vieillir!'», a déploré le docteur Lemire.

L'Institut de la statistique du Québec prévoit que la proportion de personnes âgées continuera de croître au Québec pendant encore une trentaine d'années. Les deux fondations estiment donc qu'il convient de se préparer à ce qu'elles appellent un «gériaboom».

La plateforme agirpourbienvieillir.com est le premier volet d’un projet visant le maintien de l’autonomie des aînés, mené par la Fondation AGES.

Des formations en ligne qui reprendront le contenu de la plateforme seront offertes dans les prochains mois, en plus de la distribution de contenu informatif dans les cabinets de médecin et les groupes de proches aidants.

«Les proches aidants sont souvent des aînés eux-mêmes, a rappelé le docteur Lemire. Donc on fait d'une pierre deux coups en rejoignant non seulement les aînés en général, mais aussi les proches aidants qui les soutiennent au quotidien

Le site se décline pour le moment en quatre volets: planifier des actions pour prévenir un vieillissement accéléré; repérer les signes d'une détérioration de l'état de santé; réfléchir à l'importance d'agir et de consulter; et préparer les rendez-vous avec un professionnel de la santé.

Au sujet du dernier volet, par exemple, le site propose aux aînés et à leurs proches aidants «certaines bases de communication et un langage commun qui facilite la communication d’informations importantes aux professionnels de la santé lors de consultations», a-t-on expliqué par voie de communiqué.

Ces professionnels, rappelle-t-on, «ne peuvent tout savoir d’emblée». Le fait d’arriver «bien préparé» à une consultation et d’utiliser les bons termes pour décrire certaines situations peut grandement faciliter leur tâche, améliorant le diagnostic, aidant à la fluidité des rendez-vous et contribuant à la pertinence des soins qui seront offerts.

Ce travail d'éducation, a dit le docteur Lemire, est «essentiel (...) pour que les gens réalisent que oui, vieillir, ça vient avec des défis, mais vieillir, ça ne veut pas nécessairement dire décrépir».

«La majorité des gens, même s'ils ont des problèmes de santé, même s'ils prennent des médicaments, même s'ils ont des besoins particuliers, devraient rester relativement autonomes à moins d'un accident de santé assez important, a-t-il estimé. C'est pour ça qu'on veut que les gens réalisent qu'on peut garder un certain pouvoir d'agir sur notre santé, sur notre autonomie, et surtout ne pas abdiquer à la moindre problématique.»

Le but du site, a expliqué le docteur Lemire, n'est pas de remplacer les professionnels de la santé. Mais avant de se tourner vers le système de santé, il y a un travail que les aînés peuvent faire en amont «puis faire en sorte que quand on consulte, c'est plus productif».

«Et des fois on règle le problème sans même avoir besoin de consulter quand on comprend bien ce qui se passe, a-t-il rappelé. Il y a quand même beaucoup de place à faire des choses simples dans le quotidien pour améliorer son sort.»

Le docteur Lemire dit espérer qu'un jour, agirpourbienvieillir.com sera pour les aînés ce que le site naitreetgrandir.com est pour les parents d'enfants âgés de 0 à 8 ans ― un point de référence incontournable vers lequel on se tourne plutôt que de chercher de l'information un peu au hasard en ligne en risquant de tomber sur des sources douteuses.

«Si on n'intervient pas, si on ne se pose pas de questions, si on assume que vieillir c'est d'en perdre tout le temps, de décrépir, d'être capables de ne rien faire, eh bien à un moment donné les problèmes sous-jacents vont prendre de l'ampleur, puis à ce moment-là, il est bien trop tard pour qu'on puisse agir en prévention, et les gens se retrouvent à l'hôpital, et ça, ce n'est pas souhaitable dans le sens où on aurait peut-être pu faire des choses avant en prévention, dans les années qui ont précédé la dégradation», a conclu le docteur Lemire.

----
Sur internet: http://www.agirpourbienvieillir.com

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

commentairesCommentaires

0

Pour partager votre opinion vous devez être connecté.

RECOMMANDÉS POUR VOUS


19 avril 2024

Les besoins en psychologues seront comblés en 2026, estime le ministre Carmant

Les besoins en psychologues dans le réseau de la santé seront pourvus dans deux ans, selon les estimations du ministre des Services sociaux, Lionel Carmant.  Lors de l’étude des crédits budgétaires, jeudi, il a expliqué qu’il y avait 2271 psychologues actuellement dans le réseau et que les besoins se situaient à 2340, pour cette année, donc un ...

18 avril 2024

La crise du logement est liée à la pénurie de main-d'œuvre en construction

Résoudre la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la construction sera essentiel pour augmenter l'offre de logements disponibles sur le marché, soutiennent des experts, alors que l'agence nationale du logement du Canada continue de prévoir des niveaux de mises en chantier inférieurs à la demande. Selon la Société canadienne d'hypothèques et ...

17 avril 2024

Les mini-hôpitaux axés sur les besoins des aînés pour désengorger les urgences

À mi-chemin entre un groupe de médecine de famille (GMF) et un hôpital, le gouvernement du Québec a clarifié mercredi son modèle de mini-hôpitaux privés qui se concentrera sur les besoins des aînés.  Deux mini-hôpitaux, qui ressembleront à des cliniques spécialisées en gériatrie, verront le jour dans les régions de Montréal et de Québec.  Le ...