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Nouvelle entente nationale avec le gouvernement

Les Ressources intermédiaires retiennent leur souffle alors que s'entament les négos

Les Ressources intermédiaires retiennent leur souffle alors que s'entament les négos
Photo: La Presse Canadienne, 2024
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L'Association des Ressources intermédiaires d'hébergement du Québec (ARIHQ) s'apprête à négocier une nouvelle entente nationale avec le gouvernement. Outre une hausse des montants accordés par l'État, elle veut revoir le modèle de financement pour assurer la pérennité de ce réseau d'hébergement essentiel pour des milliers d'aînés en perte d'autonomie et des personnes vivant avec une déficience intellectuelle.

Mercredi s'amorcera une négociation avec le Conseil du trésor pour renouveler l'entente de financement des Ressources intermédiaires (RI) qui est venue à terme le 31 mars. Selon l'ARIHQ, cette entente ne répond plus aux besoins actuels et l'aboutissement des négociations déterminera l'avenir des RI.

L'ARIHQ souhaite revoir l'évaluation de l'usager qui est faite par le ministère de la Santé, pour laquelle un montant est associé. La directrice générale de l'association, Manon Charpentier, donne l'exemple d'une personne âgée qui aurait des comportements perturbateurs, qui pourrait être évaluée au niveau quatre sur une échelle de six.

Au fil du temps, la santé cognitive de cet usager se dégrade et fait en sorte qu'il a moins de troubles de comportements qu'auparavant. Toutefois, il a une importante perte d'autonomie. «Il va y avoir une évaluation de nouveau et là, parce qu'il n'a pas de comportements perturbateurs, son évaluation va être à deux. Donc, on va diminuer le montant qu'on reçoit, bien que ça va demander plus d'employés sur le plancher parce que, par exemple, cette personne-là, on est obligé d'être à deux pour la déplacer, la laver, on va être obligé d'intervenir plus souvent», explique Mme Charpentier.

«Qu'on ait un instrument de classification, c'est-à-dire qu'on nous dise quels sont les besoins des personnes hébergées, on n'a pas de problème avec ça. Mais que ça soit lié avec du financement, on le voit, ça fait des années qu'on travaille avec ça, ça fait des années qu'on le dénonce», poursuit-elle.

Un autre aspect que compte aborder l'ARIHQ avec le gouvernement est d'avoir plus de latitude au niveau de son personnel. Mme Charpentier a indiqué que le ministère de la Santé envoie régulièrement des infirmières pour effectuer diverses tâches dans les RI, telles que prendre des prises de sang. Or, plusieurs RI ont déjà des infirmières sur place.

«Dans mes Ressources intermédiaires, j'ai des infirmières auxiliaires. Donc, les [infirmières du gouvernement] faisaient leur travail. Elles trouvaient ça excessivement difficile de voir l'infirmière qui arrivait du CLSC, qui ne connaissait pas nos résidents et qui venait faire des soins quand elles auraient pu le faire», raconte Mme Charpentier. Elle a dit qu'elle en a déjà parlé au ministère et qu'elle sent une ouverture de sa part.

Des coûts moindres qu'une maison des aînés

Actuellement, près de 5000 personnes attendent une place en RI au Québec. Cette liste ne sera pas réduite sans un changement des modèles de financement, selon l'ARIHQ. Elle fait valoir que de nouvelles constructions ne seraient pas rentables avec les sommes versées en ce moment.

«Ce qui est clair, c'est qu'il y a des portions de notre financement qui ne fonctionnent plus, entre autres au niveau de l'immobilier», mentionne Mme Charpentier. Elle affirme que pour «la plus belle bâtisse sur le bord du fleuve», un maximum de 211 000 $ est attribué par porte.

«C'est insuffisant», déplore la directrice. Elle affirme qu'une chambre en maison des aînés coûte pas loin d'un million de dollars. «Pour des logements sociaux ou des chambres pour aider au niveau de l'itinérance, on est à 400 000 $ ou 500 000 $ la porte», souligne-t-elle.

Selon Mme Charpentier, on ne peut pas faire de nouvelles constructions de RI à ce coût. L'ARIHQ souhaite un rehaussement du financement pour arriver à un montant d'environ 320 000 $ par porte. «On continue à être la construction la plus économique sur le marché», plaide-t-elle.

Mme Charpentier appréhende que les négociations avec Québec seront difficiles puisque certaines propositions ont déjà été discutées par le passé, sans succès. «On voit qu'il y a une espèce de fermeture, mais on va tenter de les convaincre de faire différemment», mentionne-t-elle.

«Je le dis très franchement, l'objectif ce n'est pas nécessairement de faire plus d'argent, c'est juste d'arriver à pouvoir construire de nouveau, puis avoir un seuil de rentabilité qui est juste. Actuellement, on n'y arrive pas», soutient-elle.

Pour sensibiliser les décideurs à l'importance des RI dans le paysage de l'hébergement au Québec, l'ARIHQ a lancé lundi une campagne intitulée «Déverrouillons l'avenir des Ressources intermédiaires». Elle invite par ailleurs la population à contacter leur député provincial en leur demandant d'agir pour que le modèle des RI perdure.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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