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Nouveau rapport de l'IEDM

Exode des infirmières de moins de 35 ans au pays, mais le Québec s'améliore

Exode des infirmières de moins de 35 ans au pays, mais le Québec s'améliore
Photo: La Presse Canadienne, 2025
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Le Canada peine à garder à l'emploi les jeunes infirmières. Un nouveau rapport de l'IEDM dévoilé mercredi montre que le nombre d’infirmières canadiennes de moins de 35 ans qui cessent de pratiquer la profession chaque année augmente par rapport au nombre de celles qui l’intègrent.

En 2023, 40 infirmières âgées de moins de 35 ans ont quitté la profession pour chaque tranche de 100 recrues.

Au Québec, on constate une légère amélioration. En 2023, 37 infirmières de moins de 35 ans ont décidé de ne pas renouveler leur permis d'exercice pour chaque centaine d'infirmières qui entament leur carrière. Dix ans plus tôt, il y avait 40 départs pour 100 nouvelles infirmières.

«Si on regarde l'évolution à travers le Canada, en 2014, le même ratio — donc pour chaque tranche de 100 infirmières en bas de 35 ans qui entraient dans la profession — il y en avait 36 qui ne se réinscrivaient pas, alors qu'en 2023, c'est monté à 40. Certes, quelques provinces se sont améliorées, récemment particulièrement, mais la tendance est quand même à la hausse à travers le pays», souligne l'auteure du rapport et économiste à l'Institut économique de Montréal (IEDM), Emmanuelle B. Faubert.

Son analyse est basée sur les plus récentes données des demandes de permis d'exercice déposées auprès des provinces — des données qui sont recueillies par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

L'économiste apporte toutefois une nuance concernant ces données puisque certaines infirmières peuvent avoir pratiqué dans deux provinces si elles ont un permis d’exercice secondaire leur permettant de travailler dans leur province d’origine. Les données de l'ICIS retiennent seulement le permis de pratiquer dans le lieu de résidence.

Il peut aussi y avoir une migration entre les provinces. «Une infirmière qui va du Québec en Ontario par exemple, elle est une sortie pour le Québec, mais elle est une entrée pour l'Ontario. Donc au niveau canadien, ça n'affecte pas les données», précise Mme B. Faubert.

Le modèle de la Colombie-Britannique

Il faut travailler à améliorer les conditions de travail pour une meilleure rétention des effectifs infirmiers, fait valoir Emmanuelle B. Faubert. «Une fois qu'on attire le personnel, il faut s'assurer qu'on leur donne les conditions du travail qui vont les retenir dans la profession. C'est ça qui est le plus crucial. Ce n'est pas juste d'attirer des gens, c'est de les conserver. Comment on peut faire? Entre autres en regardant ce qui a été fait en Colombie-Britannique, qui est un modèle très intéressant», pointe l'économiste.

En 2023, la Colombie-Britannique affichait le plus faible ratio de jeunes infirmières quittant le marché du travail par rapport à celles qui y font leurs premiers pas. Cette province parvient à recruter et à retenir des infirmières provenant de partout au pays, indique le rapport. En effet, en 2023, on comptait plus de 9200 diplômées d'une autre province à détenir un permis d'exercice en Colombie-Britannique, contre environ 3100 infirmières britanno-colombiennes inscrites pour exercer ailleurs au Canada.

«Nous avons communiqué avec des associations d'infirmières en Colombie-Britannique pour voir ce qu'ils faisaient pour retenir les infirmières», raconte Mme B. Faubert. Un aspect qui est ressorti est que les infirmières ont un horaire plus flexible grâce à des bassins de partage d'emploi (job sharing pools).

«Essentiellement, ce sont des infirmières qui sont mises en petit groupe, et elles peuvent échanger leur quart de travail entre elles sans passer par la bureaucratie et la hiérarchie. Ce sont des petites façons qui permettent aux infirmières d'avoir plus de contrôle sur leur propre horaire et ça leur donne plus de flexibilité. Ce sont des choses qui aident à améliorer la satisfaction chez le personnel», explique Mme B. Faubert.

Elle croit par ailleurs que le gouvernement du Québec fait fausse route en voulant se sevrer des agences privées dans le réseau public. L'IEDM, qui est un groupe de réflexion associé à la droite économique, fait valoir que les agences donnent aux infirmières «plus de contrôle sur leurs horaires» et favorisent «un meilleur équilibre entre leur travail et leur vie personnelle».

Limiter le recours aux services d'agences de placement est l'une des mesures phares du Plan santé du ministre Christian Dubé. Avec son projet de loi 10 adopté en 2023, il veut rapatrier une partie du personnel qui travaille dans les agences dans le réseau public.

Selon les plus récents chiffres de Santé Québec, depuis le printemps 2024, la diminution du recours à la main-d'œuvre indépendante a permis des économies de 697 millions $. Jusqu'à présent, 5500 employés des agences ont rejoint le réseau public de la santé et des services sociaux.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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