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D'après une étude de l’Institut climatique du Canada

Climat: adapter les infrastructures permettra d'économiser plusieurs milliards

durée 18h00
9 février 2026
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Par La Presse Canadienne

Une étude publiée lundi par l’Institut climatique du Canada avance que les contribuables pourraient économiser éventuellement jusqu’à 10 milliards $ par année en coûts d’infrastructure, si les gouvernements mettent en place des mesures d’adaptation efficaces aux grandes chaleurs et aux fortes pluies causées par les changements climatiques.

S’il y a une leçon à retenir de la dernière étude de l’Institut climatique du Canada, celle-ci se résume en ces quelques mots: mieux vaut prévenir que guérir.

Le rapport publié lundi matin soutient que les contribuables canadiens vont payer un prix élevé, jusqu’à 14 milliards $ par année, si les gouvernements n'adaptent pas les infrastructures publiques à l’évolution du climat ou s’ils tardent à le faire.

En revanche, un investissement d’environ 3 milliards $ par années dans l’adaptation aux changements climatiques pourrait se traduire, sur le long terme, par des économies de 5 à 10 milliards $ chaque année.

«Les Canadiennes et Canadiens sont pris dans un engrenage infernal: le vieillissement des infrastructures et la hausse des risques climatiques qui perturbent déjà notre vie quotidienne. Ce n’est pas un problème de demain, c’est la réalité d’aujourd’hui. Les recherches sont formelles: adapter les infrastructures publiques permettra aux Canadiennes et aux Canadiens d’économiser des milliards de dollars à long terme», a écrit Rick Smith, président de l'Institut climatique du Canada, dans un communiqué.

Une partie importante des infrastructures au pays, ponts, routes, écoles, réseaux de transports, pour ne nommer que ceux-là, sont déjà en mauvais état ou se détériorent après des décennies de sous-investissement, souligne le rapport.

Selon l'étude, environ 65 % des infrastructures du pays ont été construites avant 1985 et 85 % avant 2015, année où les «changements climatiques ont commencé à être intégrés aux normes de conception».

Or, les changements climatiques ne feront qu’accélérer les dommages et la détérioration de l’ensemble des infrastructures publiques, prévoit l’étude intitulée «Prévenir ou réparer: la preuve qu’adapter les infrastructures publiques aux changements climatiques rapporte gros».

Sans adaptation, les coûts liés aux infrastructures «atteindront 14 milliards de dollars par an d’ici les années 2050 et 19 milliards de dollars par an d’ici 2085 dans le scénario le plus probable», selon l’Institut.

Les chercheurs soulignent que ces sommes ne représenteraient qu’une partie des coûts réels, car les auteurs de l'étude se sont attardés aux impacts d’un nombre limité de phénomènes climatiques, soit les pluies extrêmes, le stress thermique et certains types d’inondations.

Or, d’autres facteurs de stress climatique importants, comme les feux de forêt, le dégel du pergélisol, l’érosion côtière et la sécheresse, «n’ont pu être modélisés quantitativement dans le cadre de cette étude en raison des limites des approches de modélisation».

Des coûts que devront assumer les municipalités

Les gouvernements, et plus particulièrement les municipalités, devront absorber les coûts causés par les grandes chaleurs et les fortes pluies, peu importe le scénario.

«Aujourd’hui, les municipalités possèdent plus de 60 % des infrastructures publiques essentielles, mais ne perçoivent que 10 % des recettes fiscales gouvernementales.»

Les Villes ont donc une capacité financière limitée pour entretenir ou remplacer leurs infrastructures.

Or, entre 2025 et 2100, les municipalités devront assumer 72 % des coûts totaux d’infrastructure liés au climat, soit environ 10,9 milliards $ par année, dans un scénario sans adaptation, selon l’étude.

«Les infrastructures appartenant aux provinces et aux territoires représenteront environ 26 % des coûts liés au climat, soit environ 4 milliards de dollars par an, tandis que les infrastructures appartenant au gouvernement fédéral représenteront environ 2 %, soit 200 millions de dollars par an», peut-on lire dans l’étude.

Les systèmes de transport et d’aqueduc seraient les infrastructures confrontées aux plus fortes hausses de coûts.

Des dommages à l’économie

Des infrastructures qui ne sont pas adaptées aux changements climatiques causeront des problèmes qui vont bien au-delà des coûts de réparation.

Les infrastructures défaillantes ralentissent les chaînes d’approvisionnement, perturbent les services essentiels et réduisent la productivité, souligne l’étude.

Par exemple, «lorsque des inondations en Colombie-Britannique en 2021 ont éliminé les principales autoroutes et les principaux corridors ferroviaires, le mouvement des marchandises dans la province a été interrompu, entraînant des pertes commerciales estimées à 2,5 milliards de dollars et des pertes supplémentaires de revenus et de productivité entre 800 millions et 1,4 milliard de dollars».

Les communautés rurales et éloignées sont souvent exposées à des risques plus élevés alors que les petites municipalités ont généralement moins de ressources financières et techniques.

Alors, sans une planification «rigoureuse», les résultats en matière d’adaptation seront inégaux, prévient le rapport.

Prévenir plutôt que guérir

L’étude montre qu’une «adaptation proactive», c’est-à-dire «la mise à niveau des infrastructures avant qu’elles n’atteignent la fin de leur durée de vie utile ou un point de réhabilitation majeur», offre des coûts nets inférieurs à ceux d’une adaptation réactive.

Dans un scénario favorable, où le gouvernement investit environ 3 milliards $ chaque année dans «l’adaptation proactive», l’analyse montre que les Canadiens pourraient réaliser des économies de 5 à 10 milliards $ chaque année jusqu’en 2100.

Ainsi, un tel investissement annuel «permettrait d’éviter la majeure partie des dommages aux infrastructures causés par la hausse des températures et les fortes pluies».

Les solutions

La résilience des infrastructures face aux changements climatiques au Canada passe notamment par les six résolutions suivantes, selon le rapport de l’Institut climatique du Canada:

- Ottawa devrait «accroître le financement pour l’adaptation des infrastructures et moderniser les outils financiers mis à la disposition des municipalités et des autres propriétaires d’infrastructures».

- Le gouvernement doit «planifier, exploiter, entretenir et renouveler les infrastructures publiques, afin qu’elles continuent de fonctionner de façon sécuritaire et fiable dans les conditions climatiques futures».

- Il faut également «renforcer les données et la cartographie des risques climatiques à l’échelle nationale».

- Le gouvernement doit aussi «accélérer la mise à jour des codes et des normes d’infrastructure, afin que les infrastructures nouvelles et renouvelées soient construites pour résister aux changements climatiques».

- Il faut «s'assurer que toutes les dépenses publiques en infrastructures tiennent systématiquement compte des risques climatiques et aident les propriétaires d’infrastructures à réduire leur vulnérabilité à long terme».

- Enfin, les dirigeants doivent «adapter les programmes pour appuyer les communautés les plus vulnérables et les infrastructures essentielles».

Méthodologie

Dans le cadre de son étude, l’Institut climatique du Canada soutient avoir notamment appliqué «le modèle de détérioration des infrastructures de la firme de consultants en environnement WSP». Ce modèle a notamment été utilisé en Ontario et au Québec dans le cadre d’études menées par le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario et par l’Union des municipalités du Québec.

Les chercheurs ont également eu recours à un «ensemble de données national exhaustif sur les actifs d’infrastructure».

Stéphane Blais, La Presse Canadienne

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