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Tendance à la hausse

Hausse des violences entre partenaires dans les relations amoureuses chez les ados

Hausse des violences entre partenaires dans les relations amoureuses chez les ados
Photo: La Presse Canadienne, 2026
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On observe une augmentation de la proportion de jeunes ayant subi une forme de violence, qu'elle soit physique, sexuelle ou psychologique, dans leur relation amoureuse. Plus inquiétant encore, les ados qui rapportent avoir subi une relation sexuelle forcée sont aussi une tendance à la hausse.

Dans un rapport publié jeudi par la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal, on indique que 8 % des jeunes du secondaire de 14 ans et plus déclarent avoir subi au moins une relation sexuelle forcée au cours de leur vie. La proportion de jeunes qui ont subi une ou des relations sexuelles forcées est plus grande chez les filles que chez les garçons.

Les résultats du rapport sont issus du troisième cycle de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire (2022-2023). Cette enquête a sondé plus 70 000 élèves de 14 ans et plus à travers la province. À Montréal seulement, 5800 élèves provenant de 92 écoles différentes ont répondu au questionnaire.

«On observe une tendance à la hausse depuis 2010-2011, qui était la première édition de l'enquête. C'est quand même préoccupant comme chiffre, 8 %, parce que [...] c'est une relation sexuelle forcée, que ce soit par un jeune ou par un adulte», commente en entrevue Salomé Lemieux, agente de recherche à la DRSP et autrice du rapport.

À Montréal, 38 % des jeunes ayant vécu une relation amoureuse au cours de la dernière année rapportent avoir subi une ou plusieurs formes de violence (physique, psychologique ou sexuelle) de la part de leur partenaire. «C'est aussi une tendance à la hausse depuis 2010-2011, mais ça peut s'expliquer par différents facteurs, par exemple le fait que maintenant on a de plus en plus les technologies qui sont présentes dans notre quotidien», explique Mme Lemieux.

«Les jeunes ont de nouveaux lieux où ils vivent des situations de violence. Par exemple, tout ce qui est surveillance numérique, des jeunes qui surveilleraient leurs réseaux sociaux ou encore de la géolocalisation dans le but de contrôler l'autre, ce sont des phénomènes qu'on voit maintenant un peu plus, poursuit-elle. Ça a pu contribuer à la tendance qu'on observe d'augmentation des violences subies.»

L'influence du mouvement MoiAussi

Plusieurs pistes peuvent expliquer l'augmentation observée, notamment le mouvement MoiAussi qui, depuis 2017, a encouragé les dénonciations. Cela fait en sorte que les jeunes reconnaissent plus facilement des situations de violence et ils se sentent peut-être plus à l'aise de dévoiler ces situations, soutient Mme Lemieux. «On peut se poser la question sur ces chiffres: est-ce que ce serait réellement une hausse des cas ou ça peut être aussi une hausse des déclarations qui sont faites au niveau des relations sexuelles forcées?», soulève-t-elle.

Les campagnes de prévention sur le consentement qui ont découlé des années MoiAussi pourraient aussi avoir aidé à ce que les jeunes déclarent plus.

De plus, la collecte des données s'est faite vers la fin de la pandémie. «Donc, tout ce qui est technologie était un lieu où les jeunes socialisaient beaucoup, avec l'isolement social qu'on a connu, le fait qu'ils étaient moins en contact avec d'autres jeunes. Ça a pu contribuer à amplifier le nombre de violences subies chez les jeunes», avance Mme Lemieux.

D'autres facteurs, comme le faible niveau d'estime de soi, la détresse psychologique, la consommation problématique d'alcool, sont associés à un risque accru qu'un jeune vive ou inflige de la violence.

Risque de reproduire la violence plus tard

Le rapport indique que les relations intimes marquées par la violence peuvent avoir des effets néfastes durables sur la santé mentale, physique et sexuelle des jeunes. Ceux qui vivent ces situations présentent un risque accru de détresse psychologique, de comportements à risque et de reproduction de la violence dans leurs relations ultérieures.

À Montréal, 43 % des jeunes ayant vécu au moins une relation amoureuse au cours de la dernière année rapportent avoir subi ou infligé de la violence à caractère sexuel. Cette proportion est restée relativement stable entre les trois cycles d'enquête. «C'est un chiffre qui est assez préoccupant, et on veut que ça s'améliore, cette situation. C'est super important», souligne Mme Lemieux.

Le rapport mentionne que pour réduire durablement la violence dans les relations intimes, il est essentiel d’agir tôt. On suggère des interventions ciblant le renforcement des habiletés sociales des jeunes. «Faire en sorte qu'ils sachent comment résoudre des conflits dans leurs amitiés, par exemple. C'est important que ça commence dès l'enfance ces messages et de s'assurer aussi qu'il y a des adultes qui sont là, qu'il y a un entourage qui est formé à savoir comment accueillir un dévoilement et comment faire le lien vers des ressources d'aide si on voit une situation de violence dès l'enfance ou l'adolescence», explique Mme Lemieux.

Elle met de l'avant l'importance de parler dès le plus jeune âge de relations saines et égalitaires. «Et s'assurer qu'ils reconnaissent la violence s'ils en vivent, puis qu'ils puissent demander de l'aide le plus facilement possible», ajoute-t-elle.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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