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Institut de la statistique du Québec

Le poids du Québec dans le Canada se maintient malgré une légère baisse de population

Le poids du Québec dans le Canada se maintient malgré une légère baisse de population
Photo: La Presse Canadienne, 2026
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La population du Québec a légèrement diminué en 2025 après une croissance exceptionnelle de 2022 à 2024, mais le poids démographique de la province au sein du Canada est demeuré intact en raison d’une baisse dans le reste du Canada également.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dévoile ce mercredi une série de données qui font état de certains changements dans les tendances, notamment en matière d’immigration. On y apprend que la population du Québec est estimée à 9,03 millions de personnes, en recul de 0,1 %, soit une diminution 9600 personnes.

À titre de comparaison, la population dans le reste du Canada a diminué encore davantage, de 0,3 %, les baisses les plus importantes étant enregistrées en Ontario et en Colombie-Britannique (-0,7 % dans les deux cas). Tant au Québec que dans le reste du Canada, ces reculs sont en grande partie attribuables à des baisses marquées de l’immigration temporaire.

Baisse marquée de l’immigration temporaire

Le solde migratoire total du Québec, qui tient compte des migrations internationales et interprovinciales, montre une perte de 7150 personnes en 2025 surtout attribuable au solde négatif des mouvements interprovinciaux, le Québec perdant davantage de citoyens au bénéfice d’autres provinces que l’inverse.

C’est surtout du côté de l’immigration que les chiffres sont parlants. Ainsi, le Québec a accueilli 60 150 nouveaux immigrants à titre de résidents permanents en 2025, soit à peine un peu plus qu’en 2024 (59 400). Mais du côté des résidents non permanents (ou immigrants temporaires), leur nombre a chuté de près de 9 % en 2025 après de fortes hausses de 2022 à 2024, passant de 565 450 l’année précédente à 514 050 au 1er janvier 2026, une baisse de 51 400 personnes.

Les résidents non permanents sont principalement des travailleurs étrangers temporaires, des demandeurs d’asile, des étudiants internationaux et des titulaires de permis de travail et d’études. On constate un recul de l’immigration temporaire dans le reste du Canada et la catégorie des travailleurs temporaires a diminué dans toutes les provinces, incluant le Québec (baisse de 16 % au Québec entre 2024 et 2025). Des baisses sont aussi constatées du côté des étudiants internationaux et des titulaires de permis de travail et d’études.

Demandeurs d’asile: le Québec toujours en tête

La seule catégorie qui n’a pas diminué au Québec est celle des demandeurs d’asile, qui a légèrement augmenté, comme dans le reste du Canada, mais le Québec accueille toujours 37 % des demandeurs d’asile présents au Canada. La part de demandeurs d’asile accueillis par le Québec demeure donc bien au-delà de son poids démographique de 22 %, alors que c’est tout le contraire pour les travailleurs temporaires et les étudiants internationaux, où la part du Québec, dans les deux cas, est de 14 %.

Au-delà de l’immigration, les données démographiques de l’ISQ nous apprennent que les décès ont surpassé les naissances pour une deuxième année consécutive au Québec. Quelque 78 200 bébés sont nés au Québec en 2025, soit 800 de plus qu’en 2024.

Fécondité toujours faible

Le taux de fécondité des Québécoises a très légèrement augmenté, à 1,36 enfant par femme, mais il demeure l’un des plus faibles jamais observés au Québec et s’inscrit dans une tendance à la baisse depuis environ 15 ans. Pourtant, la fécondité du Québec demeure malgré tout supérieure à celle de la majorité des autres provinces. À l’échelle internationale, chez les pays industrialisés, la fécondité du Québec est inférieure à celle des États-Unis, de la France et du Portugal, mais supérieure à celle de l’Italie, de l’Espagne et de la Corée du Sud, notamment.

La tendance des femmes à avoir leurs enfants plus tardivement se poursuit. En 2025, l’âge moyen des mères à la naissance d’un premier enfant atteint 30,5 ans, suivant une courbe ascendante sans interruption depuis 50 ans. Même chose du côté des hommes, où l’âge moyen à la naissance du premier enfant augmente à un rythme quasi identique à celui des femmes et reste plus systématiquement élevé que celles-ci, à 34,3 ans.

Le nombre de décès, lui, a augmenté de 2,1 % en 2025, ce qui pourrait sembler prévisible dans un contexte de vieillissement de la population, mais il a tout de même été plus élevé que ce qu’on avait prévu, principalement à cause de deux épisodes de surmortalité grippale à la fin de février et à la fin décembre.

Vieillissement incontournable

Puisqu’il est question de vieillissement de la population, il faut noter que les courbes de population selon le groupe d’âge suivent une progression qui le démontre nettement. Depuis plus d’un demi-siècle, la proportion de personnes âgées de plus de 65 ans augmente sans cesse et dépasse désormais la proportion des moins de 20 ans. Au premier juillet 2025, les 65 ans et plus représentaient 21,7 % de la population québécoise, comparativement à 20,6 % pour les moins de 20 ans, dont la proportion est également en baisse constante sur la même période. La majorité (57,7 %) de la population se trouve cependant dans le groupe des 20 à 64 ans.

Malgré une certaine stagnation, l’espérance de vie au Québec reste parmi les plus élevées au monde et se situait, selon les dernières données de 2024, à 84,4 ans chez les femmes et à 81,1 ans chez les hommes. L’espérance de vie de la population québécoise est d’ailleurs supérieure à celle du reste du Canada d’environ 0,6 an. L’écart entre le Québec et les États-Unis, qui était d’environ 2 ans en 2001, se situe à 3,6 ans en 2024, à l’avantage du Québec également.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne

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