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Sondage réalisé par Léger

Le fardeau financier lié aux médicaments à la hausse pour le tiers des Canadiens

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23 juin 2026
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Par La Presse Canadienne

Le fardeau financier lié aux médicaments d'ordonnance a augmenté pour le tiers des Canadiens au cours des cinq dernières années, selon les résultats d'un sondage Léger publiés mardi. L'auteure du rapport, Melicent Lavers-Sailly, en déduit que l'inflation continue de peser sur les finances de plusieurs ménages, ce qui impacte parfois la prise de médicament.

«Je ne peux pas dire que les résultats nous disent que l'inflation joue. Mais quand 37 % réduisent au moins une dépense à cause du coût des médicaments, et la réduction [première] c'est l'épicerie... Et on sait que le coût de l'épicerie a augmenté énormément, je crois que ça joue», avance Mme Lavers-Sailly, vice-présidente de Léger Santé, la division santé de Léger.

«Ce que ça dit pour moi, ajoute-t-elle, c'est que les gens essayent de prioriser les médicaments [...] mais ils doivent dépenser moins sur l'épicerie, le transport, moins pour d'autres soins de santé et même parmi 9 % des répondants, moins sur le loyer ou les services publics ou autres factures du ménage. Et c'est surtout les jeunes.»

En effet, les données montrent que le fardeau financier est plus grand pour les jeunes. En fait, 62 % des 18 à 34 ans ont réduit au moins une dépense pour pouvoir payer leur médicament contre 38 % des 35 à 54 ans et 25 % chez les personnes de 55 ans et plus. L'épicerie est la dépense la plus souvent coupée pour tous les groupes d'âge.

Les personnes nées à l’extérieur du Canada étaient également plus susceptibles de réduire leurs dépenses en raison du coût de leur médicament d'ordonnance. Pareil pour les ménages dont le revenu est en dessous de 60 000 $ par an ainsi que les personnes qui prennent un médicament pour le diabète ou l'obésité.

Les répondants ayant indiqué qu’un GLP-1 (Ozempic, Rybelsus, Wegovy, etc.) était leur ordonnance la plus coûteuse étaient les plus susceptibles d'affirmer que leurs coûts de médicaments représentaient un fardeau financier important.

Il existe depuis peu une marque générique de GLP-1, et Mme Lavers-Sailly se demande si cette donnée va changer dans le temps. Elle précise par ailleurs que les personnes atteintes d’une maladie rare, d'un cancer, prenant un médicament de spécialité ou pour les troubles digestifs ont été exclues en raison de la petite taille de l’échantillon, mais les coûts de ces médicaments représentent souvent un poids financier élevé, surtout pour les maladies rares.

Un seuil de tolérance de 50 $ par mois

Pour le quart des Canadiens, le montant maximal qu’ils pourraient payer de leur poche est inférieur à 50 $ par mois avant de renoncer à faire remplir une ordonnance. Cela montre que même des frais qui peuvent sembler modestes peuvent être un obstacle pour certains, indique le rapport. Mme Lavers-Sailly y voit un lien entre l'augmentation du recours aux banques alimentaires au pays et le fait que plusieurs ne peuvent pas se permettre que leur ordonnance leur coûte 50 $ par mois.

«Pour certains ménages, le coût des médicaments vient directement concurrencer l'épicerie, les factures, le transport ou d'autres soins de santé. Quand le coût amène des patients à retarder, réduire ou éviter leur médicament, on ne parle plus seulement d'abordabilité, on parle d'accès aux soins et potentiellement de conséquences sur la santé», souligne-t-elle.

Selon le sondage, 27 % des répondants ont «des comportements de non-observance» liés au coût de leur médicament, par exemple de prendre moins de médicaments que prescrit ou de ne pas renouveler une ordonnance. «Si quelqu'un ne remplit pas leur ordonnance, ils sont plus susceptibles, j'imagine, d'aller à l'hôpital et ç'a un coût pour le système», s'inquiète Mme Lavers-Sailly.

Elle reconnaît que le Canada a un niveau de couverture relativement élevé. Selon le sondage, 90 % des répondants ont une assurance maladie publique et/ou privée. Le Québec est d'ailleurs champion, car seuls 2 % des répondants québécois n'avaient pas d'assurance, contre 13 % en Colombie-Britannique, 14 % en Alberta, 15 % en Saskatchewan/Manitoba, 10 % en Ontario et 12 % dans les provinces atlantiques.

Mme Lavers-Sailly fait valoir que les résultats montrent toutefois que les franchises ou les médicaments non couverts par un régime public ou partiellement couverts continuent de poser problème pour une partie importante des patients.

Le sondage Léger a été réalisé du 1er au 3 mai 2026 auprès de 1062 répondants qui ont dit avoir pris au moins un médicament d'ordonnance au cours des 12 derniers mois. La marge d'erreur pour un échantillon de cette taille est évaluée à plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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