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Le rôle clé de certaines cellules

IRCM: des travaux pourraient permettre de mieux comprendre des maladies hormonales

durée 15h00
9 juillet 2026
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Par La Presse Canadienne

Des travaux réalisés à Montréal ouvrent la porte à une meilleure compréhension de certaines maladies hormonales et des tumeurs de l’hypophyse.

Le professeur Jacques Drouin et ses collègues de l'Institut de recherches cliniques de Montréal ont détaillé pour la première fois le rôle clé de certaines cellules immatures de l’hypophyse dans le bon fonctionnement des hormones liées au stress.

Au cœur de cette découverte se trouvent deux hormones, les glucocorticoïdes et l'ACTH, qui sont chacune responsable de contrôler, voire de freiner, la production de l'autre. Si ce système d'autorégulation se détraque, il peut contribuer à des problèmes de santé importants, comme le syndrome métabolique.

«Les glucocorticoïdes ont des effets partout dans le corps, agissant au niveau du métabolisme intermédiaire, donc des fonctions de maintien importantes, a expliqué le professeur Drouin. Mais c'est aussi la partie biologique de réponse au stress, parce que les glucocorticoïdes mettent le corps en alerte pour se préparer à fuir ou se battre.»

Le professeur Drouin et son équipe ont utilisé une technologie d'imagerie de pointe pour identifier un nouvel état cellulaire, qu’ils ont nommé les «pré-corticotropes». Il s’agit de cellules en transition entre les cellules souches de l’hypophyse et les cellules spécialisées qui produisent l’ACTH.

Sans le frein des glucocorticoïdes, ont constaté les chercheurs, ces cellules précurseures se multiplient davantage. Ils ont également découvert un mécanisme de communication locale entre cellules, sensible aux glucocorticoïdes, qui joue un rôle important dans la mise en place, après la naissance, de la taille et de l’organisation de l’hypophyse.

«Les propriétés de ces précurseures ressemblent à certaines tumeurs hypophysaires qui causent la maladie de Cushing, a expliqué le professeur Drouin. Ce sont des tumeurs corticotropes qui sont responsables de la maladie de Cushing, qui est une maladie où le frein ne fonctionne plus et il y a une production excessive d'ACTH, ce qui mène à une production excessive de glucocorticoïdes.»

Cette production excessive de glucocorticoïdes, a-t-il ajouté, mène à l'apparition de problèmes comme l'hypertension, le diabète ou encore l'ostéoporose, en plus d'avoir des effets affectifs très importants et de potentiellement mener à des symptômes dépressifs.

Puisqu'on ne dispose pas de médicaments pour contrer le problème, la seule solution en ce moment est la résection chirurgicale de la tumeur, a dit le professeur Drouin.

«D'avoir identifié ces précurseures, puis de pouvoir de maintenant un peu mieux comprendre leur biologie, ça place la problématique du traitement de ces tumeurs dans une lumière un peu différente», a-t-il expliqué.

Le professeur Drouin souligne en terminant que certains patients à qui l'on prescrit des glucocorticoïdes pour des conditions inflammatoires finissent par y développer une résistance, sans que l'on comprenne vraiment pourquoi.

Ses collègues et lui sont donc maintenant sur une «piste thérapeutique importante» pour potentiellement aider ces patients un jour, a-t-il conclu.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal Stem Cell Reports.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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