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Politique provinciale

Immigration: Québec solidaire et le Parti québécois se coltaillent en ligne

durée 18h00
22 janvier 2024
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne

La question de l’immigration et de la crise du logement continue de provoquer de vives réactions au Québec. Le solidaire Guillaume Cliche-Rivard et le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon se sont lancés dans une guerre de chiffres sur les réseaux sociaux, tout en s’accusant mutuellement de polariser le débat. 

Voulant rétablir «certains faits» sur l’immigration, Guillaume Cliche-Rivard affirme avoir «vu des leaders politiques tourner les coins ronds alors que d'autres détournent carrément les faits».

«À les entendre, la cause principale de la crise du logement ne serait pas la spéculation immobilière, les évictions, ou encore les reculs dans les mises en chantier. Non! Pour eux, la cause principale de la crise du logement, soudainement, ce sont les immigrants», a-t-il écrit dans une longue missive sur Facebook. 

On apprenait la semaine dernière que les mises en chantier avaient diminué de 32 % au Québec en 2023.

Écorchant au passage le Parti libéral fédéral, et sa volonté d'accueillir «500 000 immigrants permanents au Canada en 2025», M. Cliche-Rivard dénonce le fait que le PQ songe «à réduire encore davantage sa cible déjà très basse de 35 000 personnes par année».  

Selon lui, la volonté du Parti québécois (PQ) aurait «un impact désastreux, non seulement sur l’économie du Québec, mais aussi sur la vie de centaines de milliers de personnes qui ont fait le choix du Québec», notamment en ralentissant leur processus pour obtenir la résidence permanente. 

Québec solidaire (QS) propose des seuils d’immigration permanente entre 60 000 et 80 000 par année. 

«Le Québec n’a rien à gagner à ce que la discussion autour de l’immigration prenne une tournure polarisante. En fait, les seuls qui ont quoi que ce soit à y gagner sont ceux qui pensent pouvoir faire bouger l’aiguille des sondages avec ça», a-t-il écrit à la fin de son message. 

La semaine dernière, un autre député solidaire, Haroun Bouazzi, s’est aussi attaqué au Parti québécois sur X. «Ça fait déjà maintenant plusieurs années que le PQ a décidé pour des raisons électoralistes que les immigrant-es et les minorités étaient LE problème», a-t-il entre autres écrit. 

PSPP réplique

Le chef péquiste, visiblement piqué au vif, a répliqué à QS sur le réseau social X. 

« Québec solidaire prétend vouloir éviter que le débat sur l’immigration prenne une tournure polarisante, mais fait tout pour polariser sur ce sujet », a indiqué Paul St-Pierre Plamondon. 

«Plutôt que de discuter des seuils d’immigration comme les autres partis le font, ils tentent de faire croire “qu’on met la faute sur les immigrants”, “qu'il y a un seul coupable, l'Autre, l'immigrant”, “que l’immigration est le problème”. Or personne n’affirme cela, sauf QS, qui tente de soutirer un petit profit politique en créant un climat de peur», a-t-il ajouté. 

Le chef péquiste affirme qu’il faut voir l’immigration comme un «phénomène macroéconomique» plutôt que d’une façon «individuelle».  

«L’impact sur le logement, les services ou la langue n’est pas lié aux immigrants de manière individuelle, mais il est lié à nos politiques publiques en la matière. Il manque déjà 1,2 million de logements d’ici 2030 et QS propose d’aggraver la situation. L’itinérance est plus que jamais en hausse et plusieurs de ces nouveaux itinérants sont des immigrants arrivés récemment au pays», a-t-il écrit. 

Paul St-Pierre Plamondon se défend également en affirmant que son parti propose des solutions «pour contrer la spéculation immobilière et répondre aux conséquences de la crise du logement». 

«(Le PQ) est le seul parti à ne pas se mettre la tête dans le sable lorsque vient le temps de parler de la question de la demande de logement qui est stimulée par des seuils d’immigration record», indique le chef péquiste. 

Les deux partis ont également des visions opposées sur la question des immigrants temporaires. Alors que QS affirme que leur augmentation au Québec est notamment liée à la pénurie de travailleurs, le PQ soutient plutôt que, selon des économistes, «l’effet de l’immigration sur la pénurie de main-d’œuvre est nul». 

Il y a actuellement plus d’un demi-million d’immigrants temporaires au Québec. 

Mercredi dernier, Paul St-Pierre Plamondon a dit que son parti allait réévaluer ses seuils d’immigration permanente, actuellement fixés à 35 000 nouveaux arrivants par année, arguant que la situation avait beaucoup changé depuis la dernière élection. 

La semaine dernière, le premier ministre du Québec, François Legault, a envoyé une lettre à Justin Trudeau pour l’exhorter à freiner l’afflux de demandeurs d’asile, sinon le Québec atteindra son «point de rupture».

Thomas Laberge, La Presse Canadienne

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