Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Semaine québécoise de la déficience intellectuelle

Miser sur la dignité des personnes avec une déficience intellectuelle

durée 08h00
20 mars 2023
ici

commentaires

ici

likes

imprimante
Par La Presse Canadienne

Julie Bourque est épanouie. La jeune femme, qui effectue présentement un stage dans une garderie, où elle se charge de désinfecter les installations le matin et où elle prête main-forte aux éducatrices avec des bébés de 18 mois en après-midi, a un amoureux. Elle suit des cours de Zumba, vit seule dans un appartenant depuis sept ans et siège au conseil d'administration de la Société québécoise de déficience intellectuelle (SQDI).

Mme Bourque se dit privilégiée, car sa déficience intellectuelle est légère, ce qui lui permet de communiquer aisément. Sa joie contagieuse, perceptible au bout du fil, fait en sorte qu'elle n'a pas fait face à trop de difficultés pour s'intégrer dans la société.

Mais la jeune femme, qui est aussi ambassadrice nationale de la SQDI, souhaiterait qu'il en soit de même pour d'autres personnes qui, comme elles, vivent avec cette déficience au quotidien, et ce, peu importe la gravité de leur trouble.

«Ces personnes-là gagnent à être connues et elles méritent d'avoir leur place dans la société», commente-t-elle lors d'une entrevue réalisée en amont de la 35e Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, qui s'amorce ce dimanche avec pour thématique la dignité des personnes.

«Il ne faut pas avoir peur de s'ouvrir à elles, ça représente plein de belles opportunités et ça ferait plus de monde pour aller travailler», ajoute Mme Bourque.

La pénurie de travailleurs, un pas vers l'ouverture

Il est vrai que la pénurie de main-d'œuvre a fait en sorte que des individus autrefois boudés par les employeurs ont désormais une chance de se faire valoir, reconnaît Chentale de Montigny, directrice générale des Compagnons de Montréal.

«Le marché de l’emploi s'ouvre de plus en plus aux personnes différentes, et c’est en lien étroit avec la dignité de ces personnes-là, qui cherchent à trouver leur place dans la société, à se sentir utiles et non laissées pour compte», commente-t-elle.

«Quand la main-d'œuvre était plus abondante, les employeurs étaient moins enclins à laisser leur chance aux employés différents, poursuit la gestionnaire. On voit actuellement que de belles découvertes se font et beaucoup d'employeurs qui apprivoisent ce nouveau bassin de candidats se disent agréablement surpris.»

Celle qui côtoie cette clientèle depuis maintenant sept ans affirme avoir vu une certaine ouverture face à celle-ci. «Il n'y a pas si longtemps que ça, la déficience intellectuelle était encore très taboue; on cachait les gens, on n'en parlait pas, relate Mme de Montigny. Mais cette vision a évolué et on gagne à laisser tomber les tabous pour partir à la découverte de l'autre.»

La dignité à l'année longue

C'est en manifestant cette ouverture que les personnes vivant avec une déficience intellectuelle - elles seraient quelque 174 000 au Québec - pourront vivre pleinement dans la dignité.

«Pour la plupart des gens, cette dignité est acquise, on ne la remarque même plus, indique Amélie Duranleau, directrice générale de la SQDI. Or, il faut qu'on soit sensibilisés au fait de rendre le parcours de vie des personnes avec une déficience intellectuelle plus facile, plus inclusif, le tout pour favoriser leur développement et leur autonomie.»

C'est pour cette raison que la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle est toujours d'actualité, même après 35 ans.

«C'est une semaine de célébration de la diversité, mais aussi une semaine de sensibilisation, pour que l'inclusion et la dignité des personnes soient quelque chose qui se vit 365 jours par année», renchérit la directrice.

———

Cette dépêche a été rédigée avec l'aide financière de la Bourse de Meta et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Marie-Ève Martel, La Presse Canadienne

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié hier à 10h00

Les candidatures aux postes de la fonction publique reculent de 29%

Le nombre de candidats à un poste au sein de l'administration fédérale a chuté l'année dernière, alors qu'Ottawa réduisait considérablement les effectifs de la fonction publique. Il y a deux ans, on comptait plus d’un million de candidatures pour des postes au sein de la fonction publique fédérale. Cependant, entre le 1er avril 2025 et le 31 ...

Publié le 10 juillet 2026

Plus de 70 ménages vivent toujours en logement d'urgence après le 1er juillet

Un peu plus d'une semaine après la journée non officielle des déménagements au Québec, 71 ménages se trouvent toujours dans des logements d'urgence à Montréal, soit un peu plus du double de l'année dernière, où 40 ménages se trouvaient dans cette situation. La plupart de ces ménages se sont retrouvés sans logement à l'approche du 1er juillet, ...

Publié le 9 juillet 2026

Les consommateurs ne se fient pas sur l’IA pour faire leurs choix d'alcool

Les consommateurs se servent de plus en plus des outils d’intelligence artificielle (IA) pour les aider dans leurs recherches pour une multitude de produits, mais visiblement pas pour les boissons alcoolisées. À peine 5 % des Québécois disent y avoir recours. Pour orienter leurs choix, ils se fient encore largement sur des interactions humaines, ...