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Formation de 10 000 membres du personnel

Rendre les résidences plus inclusives et sécuritaires pour les aînés LGBTQ+

durée 18h00
7 janvier 2026
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Par La Presse Canadienne

Les personnes âgées issues de la diversité sexuelle et de genre peuvent se sentir isolées, et même vivre de l'intimidation dans les résidences pour aînés. La Fondation Émergence veut former 10 000 membres du personnel à travers le Québec afin de rendre les milieux de vie pour aînés plus inclusifs et sécuritaires pour cette population.

Déjà, plus de 3000 intervenants ont reçu la formation «Pour que vieillir soit gai», et la tournée se poursuit dans toutes les régions de la province.

La majorité du temps, la réception de la formation dans les résidences pour aînés est très bonne, a fait savoir Julien Rougerie, formateur et spécialiste de contenu à la Fondation Émergence. Autant la fondation contacte des milieux pour leur proposer la formation, autant certaines résidences la sollicitent pour outiller leurs employés.

«C'est sûr que parfois — ça fait partie de notre travail — il peut y avoir des réticences, des préjugés, etc. Mais on a vraiment une approche très collaborative, sans jugement. On invite les gens à poser les questions qu'ils veulent. Une fois qu'on a un petit peu posé les bases, ça vient dissiper certains préjugés. Dans l'énorme majorité des cas, la réception de l'information est très bonne», raconte M. Rougerie.

Il soutient que les enjeux des personnes trans sont souvent plus délicats à aborder. «Parfois, vis-à-vis de la question de la transidentité, c'est un sujet assez sensible en ce moment, il y a beaucoup de malaise vis-à-vis ces questions-là. Donc, le fait de pouvoir en parler avec un formateur ou une formatrice, ça permet d'augmenter leur niveau d'aisance lorsqu'il s'agit de services ou répondre aux besoins d'une personne âgée trans», souligne M. Rougerie.

Un sondage Léger commandé par la Fondation Émergence révélait en 2025 que 19 % du personnel se déclare peu ou pas du tout à l'aise d'accueillir dans leur milieu une personne trans. De plus, un quart des répondants LGBTQ+ affirment cacher leur orientation sexuelle ou leur identité de genre dans leur milieu de vie.

«C'est sûr que les personnes âgées trans, elles ont vécu dans une société où le concept de transidentité n'existait même pas, rappelle M. Rougerie. Les personnes étaient persuadées qu'elles étaient seules et malades. Et dans une société qui était hostile à ces questions-là, c'était une question de survie de le déguiser, de le réprimer, de le cacher. On construit sa vie sur ça. C'est difficile de le défaire et encore plus quand on est à un âge vulnérable.»

Les bonnes pratiques sont des gestes simples

Comme toute personne qui est perçue comme étant différente, les personnes trans sont sujettes à vivre de l'intimidation, ce qui inclut les milieux de vie pour aînés. «On donne des outils aux intervenants pour leur permettre de faire savoir aux personnes autour d'eux que ce sont des alliés envers la communauté LGBTQ+, indique M. Rougerie en parlant de la formation. Et c'est la multiplication de ces petits indices, de ces types d'attention qui peut faire que peut-être une fois une personne en parlera à un employé ou à une employée. Et c'est peut-être ça qui fera toute la différence dans son séjour ou dans l'utilisation des services.»

La formation est gratuite et d'une durée de deux heures. On explique des notions de base, entre autres ce qu'est la diversité sexuelle et de genre. Puis, on aborde les réalités du vieillissement chez les personnes LGBTQ+, quels sont leurs enjeux et quelles sont les bonnes pratiques à adopter. On identifie également ce que l'établissement peut faire pour être plus inclusif. «Ce sont des milieux où il y a pas mal de choses à mettre en place. Ensuite, on termine par le témoignage d'une personne âgée LGBTQ+, qui peut un petit peu parler de son parcours», décrit M. Rougerie.

Un exemple de chose très simple à faire pour démontrer qu'on est un allié de la communauté LGBTQ+ est de faire attention au vocabulaire qu'on utilise, comme de ne pas demander d'emblée à une femme âgée si elle a eu un conjoint. «Quand on demande ce genre de questions, ce n'est pas dans le but d'exclure la diversité sexuelle de genre, affirme M. Rougerie, mais si on pose cette question à une femme âgée qui a eu une conjointe et qui n'est pas à l'aise d'en parler, clairement, on ne l'invite pas à être authentique dans son parcours de vie. C'est ce genre de bonne pratique-là qu'on aborde.»

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l'Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne

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