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Pas d'examen d'admission

Des aspirantes infirmières ont besoin de plus de temps d'adaptation, croit l'OIIQ

Des aspirantes infirmières ont besoin de plus de temps d'adaptation, croit l'OIIQ
Photo: La Presse Canadienne
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Pour une deuxième fois de suite, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) va permettre aux candidates à la profession de passer leur tour à l'examen d'admission. Une décision justifiée par le délai d'adaptation plus long des récentes cohortes, dit-on.

Depuis le début de la saga entourant le faible taux de réussite à son examen d'admission, l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) blâme la pandémie et ses conséquences sur la formation des candidates. 

On martèle que le parcours de formation des étudiantes a été mis à mal parce que plusieurs établissements d'enseignement n'étaient pas prêts à offrir de la formation à distance lors des périodes de confinement. Puis, ces mêmes étudiantes n'ont pas bénéficié du même nombre d'heures de formation pratique en laboratoire et en stage. De plus, bon nombre d'entre elles ont contribué à l'effort de vaccination, mettant possiblement leurs études de côté.

«C'est la cohorte d'étudiants qui a été la plus exposée aux effets collatéraux, et même frontaux, de la pandémie», soutient le président de l'OIIQ, Luc Mathieu. Il ajoute que si plusieurs étudiantes sont devenues «des expertes de la vaccination», elles n'ont pas été exposées aux autres milieux cliniques.

Par conséquent, l'ordre dit avoir observé, après consultation avec les directions de soins infirmiers du réseau, que les recrues «ne sont pas aussi bien préparées qu'avant», indique M. Mathieu.

Suivant cette même logique, l'OIIQ croit que les candidates qui ont échoué en grand nombre à l'examen de septembre 2022, bénéficient de leur statut de candidate à l'exercice de la profession infirmière (CEPI) pour parfaire leur apprentissage et leur adaptation dans les établissements de soins.

«Prolonger le temps de durée (du statut) de CEPI, sans les obliger à se présenter à un examen, ça leur donne du temps pour consolider leurs connaissances», insiste le président de l'ordre en précisant que les candidates profitent aussi d'un encadrement des directions de soins qui sont en mesure de les conseiller sur leur aptitude à repasser l'examen.

Le statut de CEPI permet aux candidates d'être actives quotidiennement auprès des patients, mais sous la supervision d'une infirmière qualifiée. Il faut préciser que les CEPI sont toutes diplômées d'un programme reconnu. Il ne leur manque que l'examen de l'ordre pour obtenir leur droit de pratique.

En raison des exemptions accordées par l'OIIQ à la suite du taux d'échec massif à l'automne 2022, il est possible que des CEPI aient choisi de ne pas reprendre l'examen au printemps 2023 et qu'elles prennent la même décision à l'automne 2023. Il pourrait donc s'écouler un an et demi avant qu'une candidate active dans le réseau de la santé ne se frotte à nouveau à l'examen.

«Ça pourrait arriver, mais l'idée derrière ça, c'est vraiment de s'assurer qu'elles consolident leurs connaissances avant de repasser l'examen», réitère Luc Mathieu.

Cette situation est inusitée puisque la règle exige normalement qu'une personne détenant le statut de CEPI se présente à chacune des séances d'examen annoncées jusqu'à ce qu'elle obtienne la note de passage.

Est-ce la dernière fois que l'obligation de se présenter à l'examen sera levée? L'OIIQ ne le sait pas. Luc Mathieu dit vouloir observer l'évolution de la situation et attendre la réponse de l'Office des professions au sujet de la demande d'adoption de l'examen national américain à compter de 2024.

Le contenu en santé de La Presse Canadienne obtient du financement grâce à un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est l’unique responsable des choix éditoriaux.

Ugo Giguère, La Presse Canadienne

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