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Sondage Léger

Les consommateurs ne se fient pas sur l’IA pour faire leurs choix d'alcool

durée 18h00
9 juillet 2026
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Par La Presse Canadienne

Les consommateurs se servent de plus en plus des outils d’intelligence artificielle (IA) pour les aider dans leurs recherches pour une multitude de produits, mais visiblement pas pour les boissons alcoolisées.

À peine 5 % des Québécois disent y avoir recours. Pour orienter leurs choix, ils se fient encore largement sur des interactions humaines, révèle «l’Indice A3», qui brosse le portrait des habitudes et des préférences des consommateurs grâce à un sondage Léger commandé par A3, un regroupement de 85 agences de vins, de bières et de spiritueux représentant plus de 90 % des produits vendus par la Société des alcools du Québec (SAQ).

«Pour les conseils entourant ce genre de produit, ça prend un humain, ça prend de la confiance, il faut que ce soit extrêmement personnalisé. Oui, l'intelligence artificielle peut conseiller quelqu'un pour savoir si ça va aller avec un mets en particulier, pour faire un accord générique, mais elle ne pourra pas vous dire si la bouteille est bouchonnée. Ça confirme que le conseil humain reste au cœur du choix. Ça va au-delà de juste des faits ou des données qui sont froides», indique la directrice générale d’A3, Catherine Lessard, qui n’est «pas surprise» par cette faible proportion.

ChatGPT, Claude, Gemini et les autres agents conversationnels n’ont donc pas remplacé ̶ du moins pour l’instant ̶ la famille, les amis et les conseillers en magasin. Les proches restent la principale source d’information, à 45 %, devant les employés spécialisés (31 %).

«Si l’intelligence artificielle est encore peu utilisée dans ce contexte, c’est parce qu’elle ne remplace pas la richesse d’un échange personnalisé qui permet de tenir compte des goûts, des préférences et de l’occasion de consommation», affirme Mme Lessard.

Le sondage montre également que les habitudes ont peu évolué au cours des dernières années. Les produits connus continuent de primer sur les découvertes. Près de neuf personnes sur dix (88 %) se tournent plus souvent vers une «valeur sûre» que vers un produit qu’elles n’ont jamais essayé.

Selon la directrice générale d’A3, cette stabilité est «typique d'un marché qui arrive à maturité».

«Les consommateurs savent ce qu'ils aiment, ils ont des repères, ils s’y fient, et recherchent un bon rapport qualité-prix. Les habitudes sont bien ancrées, les attentes sont claires et les choix sont vraiment réfléchis. C'est un marché qui évolue de manière vraiment saine. Ça montre que les consommateurs québécois sont de plus en plus curieux et avisés», soutient Mme Lessard.

Ce constat la réjouit. «Pour les agences et pour nous chez A3, cette stabilité est vraiment précieuse. Ça permet de mieux anticiper les besoins, de continuer d'accompagner les consommateurs dans la découverte avec des conseils et de soutenir la diversité de l’offre», explique-t-elle.

«Un bel équilibre»

Même s’ils font preuve de constance dans leur sélection, les répondants au sondage ont exprimé le désir d’avoir accès à plus de nouveautés.

Plus de la moitié d’entre eux (53 %) souhaitent voir le modèle de la SAQ évoluer graduellement pour offrir plus de choix, tandis que 80 % sont favorables à un assouplissement des règles de la société d’État afin que davantage de nouveaux produits se retrouvent sur les tablettes des succursales de la SAQ.

«Les attentes des consommateurs convergent très clairement avec les positions défendues par A3, qui reconnaît les forces du modèle (diversité, qualité, accessibilité) existant, mais qui souhaite moderniser sans déréglementer, optimiser sans déséquilibrer, et renforcer la collaboration entre la SAQ et les agences», écrit l’association dans son rapport, obtenu en primeur par La Presse Canadienne.

Les statistiques sur la soif de découverte peuvent paraître contradictoires, puisque l’écrasante majorité des gens achètent des produits qu’ils apprécient déjà, mais Mme Lessard estime qu’«il y a un bel équilibre dans les besoins des consommateurs».

«Ils sont à la recherche de diversité, mais pas à tout prix et n'importe comment. Pour nous, de savoir qu’ils font confiance aux valeurs sûres, c'est rassurant. De savoir qu'ils cherchent aussi de la nouveauté, ça nous indique qu’il va falloir qu'on les accompagne. On ne peut pas juste amener de la nouveauté, la mettre devant le client et s'attendre à ce qu'il la choisisse. Il faut la déguster, en parler et conseiller», insiste-t-elle, rappelant à juste titre qu’«une valeur sûre a déjà été une nouveauté».

Sébastien Auger, La Presse Canadienne

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